Clan des Anstis - Raval

Demeure des Anstis, clan pirato-mercenaire sous la protection de Raval.
 
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 Qui est Anstis ?

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Aeternitis
Moumoule Masquée
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MessageSujet: Qui est Anstis ?   Ven 19 Nov - 14:56

Anstis

En l'an de grâce 589 naquit Anstis.
Fils d'un disciple d'Ecaflip et d'une disciple de Feca, il grandit dans la dévastée mais non moins prestigieuse citadelle d'Amakna.
Alors que ruines et cendres couvraient encore une grande partie des terres, on célébrait, malgré l'ancienneté de la nouvelle, l'emprisonnement d'Uk'Not'Allag, tentant d'oublier le chaos qu'il avait engendré.
Ces fêtes s'ensuivirent rapidement d'une période de famine, forçant le Royaume a sceller sa grande porte afin de chasser les mendiants et voleurs qui venaient par vague chercher de quoi calmer leur appétit dans les riches bâtisses.

Le père d'Anstis pratiquait le métier de pêcheur depuis de longues années. Son expérience lui procurant une pêche abondante, il partageait volontiers son pain quotidien avec ses amis et tentait de venir en aide aux affamés tandis que sa femme s'occupait de leur progéniture.
Par le biais des relations de son père, Anstis devint un enfant à la compagnie appréciée, partageur et amical, entouré d'une foultitude d'amis en tous genre. Son goût prononcé pour l'altruisme le mena assez tôt à se renseigner sur les préceptes de la Déesse Eniripsa à qui il voua, à l'âge de 10 ans, un culte sans égal.
Studieux, il aimait à se cultiver en allant à la bibliothèque et apprenait petit à petit à soigner efficacement, sous le regard bienveillant de ses parents. Très proche de son père, il se forma peu après à l'art de la pêche, partageant avec celui-ci un amour sans fin pour l'océan et d'innombrables parties de pêche.

À l'âge de 17 ans, le jeune Anstis assista à une scène qui marqua à jamais l'un des grands tournants de sa vie.
Alors qu'il sortait de l'atelier de pêche, sa canne entre les mains, il aperçu un disciple de Sram qui traversait le petit pont. D'apparence neutre, il arborait cependant une paire d'ailes d'un blanc immaculé et semblait dégager une certaine aura de pureté.
Cette action aurait pu rester banale si un disciple d'Enutrof n'était arrivé dans l'autre sens. Le vieil homme, contrairement au tas d'os, arborait une paire d'ailes d'un rouge sombre aux extrémités dénudées.
Un silence inquiétant tomba autour de l'atelier.
Anstis resta à fixer les deux hommes pendant ce qui lui sembla être une éternité. Ils semblaient gênés de se retrouver entre deux rives, obligés de se céder le passage ou de se croiser. Las de patienter, celui qui arborait des ailes sombres s'engagea sur le pont. Au moment où les deux ennemis se retrouvèrent à la même hauteur, le plus vieux s'arrêta soudainement.
Son visage se tordit en un rictus béa et il tomba lourdement dans la vase. L'autre affichait un sourire satisfait, une dague rougie par le sang dans la main. Ne prêtant aucunement attention à sa victime ou à Anstis, il reprit sa route. Calmement.
Pour le jeune disciple d'Eniripsa, c'était tout le contraire, ses idée se chamboulaient, ses croyances tombaient en ruines ! Les hommes aux ailes blanches n'étaient-ils pas garants de la paix ? Ceux aux ailes sombre n'étaient-ils pas ceux qui cherchaient la guerre ? C'était tout simplement impossible.
Non.. A moins qu'on ne mente à la population. Qu'étaient réellement les "Anges" et ces "Démons" ? De tout évidence, loin de ce qu'on en disait.
Le constat fut rapide, la réflexion lentement acquise : Il lui fallait percevoir la vraie nature des autre. Voir au delà de ce qu'on lui montrait.


Sans que le village ne pu comprendre pourquoi, il décida de quitter son foyer quelques jours plus tard, n'emportant dans son sac qu'un livre aux pages vierges et une plume à l'encre bleutée.
Les premiers jours furent les plus durs.
Blotti dans une longue cape que lui avait confiée son père avant qu'il ne parte, ses nuits étaient froides, fades. Les étranges cris poussés par les monstres l'amenèrent à se réfugier dans les branchages des arbres qu'il croisait les jours suivant.
Ses journées n'étaient pas franchement plus ragoutantes. Marchant vers une destination inconnue, le ventre vide, il réfléchissait sans cesse à sa nouvelle philosophie. Si le monde était faux, il se devait d'être vrai afin de rattraper ses torts.
Pendant trois semaines il marcha, un jour en direction du nord, un autre en direction du sud. Toujours sans but. Après ces trois semaines, il arriva dans une mystérieuse forêt dont les arbres lui donnaient des frissons dans le dos.
Ayant développé un esprit totalement contradictoire à cause de ses divagations quotidiennes, il trouva l'endroit parfait pour commencer sa vie d'ermite. Son choix se porta sur un arbre gigantesque pourvu de milliers de feuilles. Escaladant son écorce jusqu'à une branche ni trop basse ni trop haute, il posa son sac, monta rapidement un bivouac et commença l'écriture de son œuvre philosophique.

Une année passa.
Bien qu'ayant découvert le sombre secret qui planait sur la forêt, à aucun moment il ne franchit son orée dans le sens inverse. Il était bien, entouré d'âmes inexpressives, il pouvait s'entrainer à voir plus loin que ce que lui montraient ses organes visuels, s'amusant à pousser son esprit et son imagination dans leurs retranchements.
Son livre s'était étoffé d'une centaine de pages, toutes rédigées d'une écriture fine et appliquée. Il renouvelait son encre grâce à la peau des quelques larves qu'il chassait puis consommait afin de survivre. Ayant déniché une petite source d'eau fraiche à quelques mètres de son campement, il venait s'y nettoyer chaque fin de semaine, en profitant pour raser sa barbe qui renaissait sans cesse.

Un matin, alors qu'il se rendait à la chasse, un événement singulier vint troubler sa quiétude.
Quelque chose avait changé dans la forêt. Normalement silencieuse, un étrange vacarme la secouait en ce jour. Que se passait-il donc ?
Anstis ne tarda pas à l'apprendre. A quelques mètres de son campement gisait un énorme tronc blanc recouvert de champignons en tous genres et de toutes couleurs. Sur ce même troncs, de longues entailles parcouraient et mettaient à nu des pans entiers d'écorce.
On avait agressé ce pauvre arbre dans le seul but de lui prendre quelques éléments, certainement pour paraitre plus fort au yeux des autres. Et le pauvre était toujours vivant, agonisant, son corps hurlant de douleur.
Outré, le disciple d'Eniripsa vint immédiatement à sa rescousse. Depuis qu'il avait vu à quel point le monde pouvait être vil, peu lui importait la nature de celui qu'il venait à aider, tant qu'il jugeait que son acte était juste.
Puisant de l'eau en grande quantité, il en aspergea le tronc meurtri afin de le ramollir puis, avec les premiers fruit de sa chasse, créa un onguent qu'il appliqua à l'apex de ses racines.
Son manège dura trois jours. Trois jours durant lesquels il veilla sur l'arbre blanc sans rejoindre son bivouac ni reprendre ses écrits. A la fin de ces trois jours, il redressa l'arbre à l'aide d'un système de cordes et pu constater l'état d'avancement de sa guérison.
Une sorte de sourire se dessina sur le tronc à un endroit où l'écorce semblait refuser de pousser ce jour là. Entre temps, ils avaient appris à faire connaissance. L'arbre était en effet capable de communiquer avec Anstis par la simple volonté de sa pensée. Le petit apprit donc que le monstre blanc était en réalité un Abraknyde, qualifié d'ancestral à cause de son âge très avancé.
L'Abraknyde lui apprit plusieurs secrets propres à son espèce, lui confiant par ailleurs quelques légendes sur leurs capacités inconnues des hommes. Anstis aurait souhaité rester avec cet arbre de longues années, se nourrissant de la philosophie du vieil érudit, mais ce dernier avait autre chose en tête. Une fois rétablit, il lui adressa une dernière fois la parole.

"Je te suis reconnaissant, petit disciple d'Eniripsa. Je te le serai éternellement. Mais ta place n'est pas ici. Tu n'es pas une créature de la forêt. Retourne auprès de tes pairs."

Ces mots ayant raisonné dans l'esprit d'Anstis, l'arbre ne montra plus signe de vie malgré les appels désespérés du petit disciple. Résigné, celui-ci s'en retourna à son campement, prit ses affaires et quitta la forêt.

Son périple le mena tout d'abord à Bonta, ville qu'il voulu visiter à cause de sa grande notoriété et de son attrait pour les forces liées aux dragons blancs.
Il y resta 3 ans, étudiant dans la grande bibliothèque les livres d'histoire qu'il n'avait pu consulter avant son départ et comparant les textes qu'il y trouvait avec ceux dont il se souvenait. Les différences entre les deux exemplaires le laissèrent sceptique. Parallèlement, il se spécialisa dans la pêche de poissons rares, retraçant sur de multiples cartes les trajets suivis par les bancs qui l'intéressaient.
Il y rencontrera également certains dirigeant, leur parlant ou les observant de loin. Il s'écartera rapidement de la milice, dégouté des intentions plus que douteuses de son haut commandement.

En 610, il se mit en route pour Brâkmar, qu'il atteignit six mois plus tard à cause de ses médiocres talents de cartographe et après avoir fait un détour par le village Koalak où il apprit l'art de monter à dos de dragodinde. Il oublia rapidement cette faculté, lui préférant la marche à pied, bien plus propice à la réflexion qu'il affectionne.
Une fois les portes de la citée noire franchies, il fut d'abord écœuré par les vapeurs de souffre et l'odeur de putréfaction qui emplissaient l'air à chaque coin de rue. Il y rencontra, quelques jours plus tard, Jean-Sol Patre, hibou de la bibliothèque de Brâkmar. Avec lui, il apprendra la raison principale qui pousse la cité noire à attaquer la cité blanche puis à discerner le faux du vrai.
Anstis étudiera à ses côtés pendant quatre longues années, découvrant la hiérarchie de la milice et la grande attention que porte son dirigeant à la qualité de l'entrainement de son armée. Bien que n'approuvant point les raisons qui poussaient Brâkmar et Bonta à s'entretuer, Anstis préférera la cité sombre à la cité blanche en raison de sa plus grande sincérité.

Le 14 Javian 615, Anstis quitta Brâkmar, non sans saluer son ami bibliothécaire et lui lui faire part de son intention de purifier des deux cités.
Alors qu'il était en route vers Bonta, quelque part dans les Plaines de Cania, un groupe de soldats Bontais lui barra la route, bientôt rejoint du côté opposé par des soldats Brâkmarois. Anstis apprit ce qu'était la trahison.
Incapable de se défendre face à eux, il abandonna les armes et accepta le châtiment des dirigeants des deux cités. Les soldats envoyés étant malheureusement venus le chercher dans l'intention de se divertir, les ordres furent ignorés et Anstis torturé à même le sol.
Après des heures de hurlements, un général Bontais décida de mettre fin à ses souffrance en lui arrachant les ailes. Poussant un sombre cri de désespoir mêlé à la douleur, Anstis s'évanouit. Les soldats, le croyant mort, abandonnèrent son corps sur un rocher, à la merci des corbacs.

Il se réveilla deux semaines plus tard, allongé dans le bivouac qu'il avait abandonné des années auparavant.
Parcourant du bout des doigts la petite couche de mousse qui recouvrait maintenant la branche, il réalisait lentement qu'il était toujours vivant. Il lui fut difficile de l'admettre mais quelqu'un ou quelque chose avait eu pitié de lui.
Mais qui ? Ou quoi ?
Alors qu'il ouvrait les yeux et prenait appui sur ses bras pour se redresser, il fit une découverte assez étrange. Non seulement il se trouvait dans la vieille forêt, mais en plus, dans son ancien campement. Mais là n'était pas la chose la plus impressionnante. Anstis remarqua après coup qu'il ne sentait plus aucune douleur. Aucune, alors qu'il avait frôlé la mort. Qui plus est, ses ailes réagissaient bizarrement.
Lorsqu'il tourna la tête pour les examiner, tout ce qu'il vit furent ces morceaux de bois fichés entre ses omoplates. Il se souvenait confusément les avoir perdues avant de s'endormir et il se réveillait avec ces.. Choses.
Une voix avait alors raisonné dans son esprit.

" Petit disciple d'Eniripsa. Tu as souffert injustement. Mes frères t'ont amené ici. Un petit de la Déesse Eniripsa ne peut vivre sans ailes. Accepte celles que la forêt t'offre. Elles sont le symbole de sa reconnaissance. Tu peux rester ici quelques jours. Mais après, il te faudra partir. Reposes-toi bien, salvateur."

Cette voix... Il l'avait déjà entendue.
Il regarda une nouvelle fois ses ailes, dubitatif. Elles étaient donc un cadeau de la forêt, offertes pour le remercier de ses services et destinées à le faire adorer sa Déesse encore plus. Si l'on peut suggérer que cela était possible.
Un sourire au coin des lèvres, il accepta ce présent et décida de rester avec ses amis. Quelques jours.

Deux mois plus tard, il était à Madrestam, un gros baluchon sur l'épaule.
Revivre dans la forêt l'avait complétement changé. Il avait donc décidé, sur un coup de tête, de repartir vers sa cité d'origine puis, incapable de retrouver sa vieille maison, s'était mit en tête de voyager, par voie maritime cette fois.
Alors qu'il regardait la mer, pensif, il se rappela ses nombreuses parties de pêche aux côtés de son père. Peut-être qu'en réalité c'était cette étendue bleu qui devait l'accueillir. Il pouvait embarquer seul, cela ne l'effrayait pas le moins du monde. Il survivrait de sa pêche, pourrait réfléchir autant qu'il le souhaiterait et faire absolument tout ce qui lui chantait. Quelques heures plus tôt, il avait rencontré un vieux mulou de mer qui souhaitait revendre son rafiot. Anstis n'avait pas hésité une seconde. Bien que le prix qu'il eut à payer allégea grandement sa bourse, il était heureux.

Une fois prêt, il lança la longue corde qui maintenait son embarcation au vieux port et commença son voyage.
Là, perdu au milieu de cette étendue bleutée, il pourrait, rien qu'en fixant l'horizon, regarder au delà de ce qu'il voyait. À l'infini.
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