Clan des Anstis - Raval

Demeure des Anstis, clan pirato-mercenaire sous la protection de Raval.
 
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 Carnet d'Aeternitis.

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Aeternitis
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MessageSujet: Carnet d'Aeternitis.   Dim 22 Jan - 7:30

Squitch. Squitch.

Le balai frotte mécaniquement le sol de la permanence Anstis.

Squitch. Squitch.

Tel un automate, la petite Rever'Anstis aux cheveux d'or s'active à sa tâche quotidienne.
Tuons la poussière, exterminons les microbes. Faisons briller les verres et cirons les meubles.
Rien ne sera jamais assez parfait. Rien ne sera jamais aussi bien fait que lorsqu'elle le faisait.

Peut-on réellement dire qu'il s'agit là d'une tâche pour la demoiselle?
Les notions de réminiscence et de nostalgie sont-elle un fardeau? Ne sont-elles pas plutôt des pensées émouvantes? Être capable d'exprimer des sentiments, de les ressentir... C'est humain, non?
Est-elle seulement humaine?

Parfois, elle en vient à se poser la question.
Elle ne connait que l'Amour et la Haine, exprimant bien mieux la seconde que la première.
En créant le clan Anstis, elle avait choisit de s'établir dans la neutralité et de ne plus exprimer ni l'un ni l'autre. Sa passivité lui avait valu des relations pleines d'animosité, réveillant la haine qu'elle tentait de contenir.
Elle savait que si cette haine grandissait trop, IL reviendrait. Le père de toutes ses misères.
Ou presque...

L'amour lui avait également causé beaucoup de peine.
C'était peut-être d'ailleurs pour cela qu'elle essayait d'avoir le moins de liens possible avec ses collègues.
Pour fuir le mal. Pour fuir la douleur. Pour fuir la tristesse.
Ce sentiment de vide.

Elle avait toujours fuit.
Alors pourquoi est-ce qu'elle souffrait autant?
Rien ne lui était important en ce monde... alors pourquoi?

C'est justement ce qui n'est plus qui blesse ce qu'elle est.
C'est justement l'absence qui a créé ce vide dans son âme.
A trop vouloir retrouver ce qu'elle avait perdu, elle payait le prix de son entêtement.
A trop penser au passé, elle avait perdu la notion du présent.

Aeternitis sait très bien qu'elle ne doit pas s'accrocher à un souvenir. Elle sait également qu'imiter un comportement ne fait pas revenir son propriétaire. Mais pourtant, aveuglément, elle s'agrippait à son balai, devenue à son tour maniaque du ménage, esclave de ses souvenirs et de ses regrets.
Fantôme d'une Sacrieuse au sourire indélébile.

Le poids des regrets se faisait trop important.
Faible, elle s'agrippa de plus belle au manche de son outil de travail, laissant à ses jambes l'occasion de l'abandonner. Ce manque.


- Pourquoi est-ce que tu ne reviens pas...?

Une larme perla au coin de son œil, roulant tout le long de sa joue avant de se lancer à la découverte d'un nouveau monde... puis d'être brisée en milliers d'éclats par un sol trop propre.
Elle cultiverai sa peine. A l'abri des regards.
Personne ne saura jamais.
Jamais.

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"Soyons un peu moins individualistes et songeons à aider notre voisin
à terminer sa maison au lieu de commencer la notre tout de suite."

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Aeternitis
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MessageSujet: Re: Carnet d'Aeternitis.   Mar 3 Avr - 2:53

Port de Madrestam, milieu de la nuit.
La houle frappe la digue dans un tempo régulier.
Au port, peu de bateaux son amarrés. C'est l'heure de pêcher le kralamoure.
Quelques marins s'activent sur les pontons à la recherche d'un filet égaré ou simplement pour détacher les derniers cordages retenant leur embarcation à proximité de la terre ferme. Aucun enfant, aucune femme. Ils doivent probablement dormir. Un sommeil empli de rêves d'avenir.

A quelques centaines de mètres de là, une petite maison à l'allure anodine émet une petite lumière. Un faible rayon frappe le sol, éclairant les activités nocturne d'une petite famille de crabes. Cet éclat vient de l'étage.

En regardant en direction de la fenêtre, on aperçoit vaguement une étoffe bleutée passer de temps en temps. Une fois sur la droite, une autre sur la gauche.

Si l'on avait pu se poser sur le rebord de cette fenêtre, l'on aurait pu apercevoir une petit blondinette faire le ménage. La pièce n'en avait pas réellement l'utilité, mais la ménagère semblait plus animée d'un besoin que d'un devoir.
Ses muscles se contractaient violemment à chaque passage de la brosse sur le sol, projetant parfois de petits éclats jaunâtres.
Elle y mettait tant de force qu'une goutte de sueur finit par apparaître sur sa peau ambrée. Elle la chassa d'un geste rapide avant de jeter son outil à l'autre bout de la pièce.

Quiconque aurait surpris cette scène aurait immédiatement compris le besoin pressant d'extérioriser un mal être évident émaner de cette demoiselle. Mais si les murs ont des oreilles, ils n'ont certainement pas d'yeux, et encore moins de bras.
Et puis, elle, elle avait trop de fierté.

Contemplant le balai gisant au sol, elle sembla se calmer.
Ses yeux sans fond prirent une expression trite. Elle en venait à haïr ce qu'elle aimait.
Son regard se posa sur le lit, collé contre le mur gauche de la pièce. Puis sur la table à côté de ce dernier. Et enfin sur l'étagère, face à elle.
Il y avait d'autres moyens de s'exprimer que la violence. Avançant timidement vers l'étagère, elle leva un bras pour attraper un livre à la couverture sombre. Elle l'avait presque oublié. D'une geste absent, elle passa le doigt sur les lettres gravées sur la première de couverture. Un simple "nuit" écrit en lettres blanches.
Nuit Blanche, Nuit Noire. Nuit sans rêve.

La Rever'Anstis se dirigea vers la table, les yeux fixés sur le livre. Tout ces souvenirs, bons comme mauvais, qui se tenaient entre ses mains.
Posant le recueil sur la table, elle prit lentement place face à celui-ci, ouvrant une première page d'un geste hésitant.

Son regard parcourut les premières lignes.
C'en était déjà trop. Plusieurs pages tombèrent au sol, froissées, pliées, déchirées.
Comme si elle pouvait effacer son histoire d'un simple geste.

Il est vrai que le suicide aurait pu tout arrêter. Mais c'était un geste lâche qu'elle ne s'accorderait jamais la honte d'effectuer. Jamais.

Elle croisa les bras devant elle, à moitié sur le livre, à moitié sur la table, et y enfouit son visage.

Sacrieur sait combien de temps s'écoula ensuite.
Quand elle se sentit calmée, elle attrapa son encrier et reprit l'écriture de son journal...


Citation :
Les douleurs sont revenues.

Je ne parle pas des blessures quotidiennes, ni même de celles qui finissent par s'incruster dans mon cœur. Je parle de son appel.

Il m'avait pourtant laissée tranquille jusque là. Trop occupé à s'amuser avec l'autre. Peut-être que ça signifie qu'il en a terminé. Il est vrai de depuis plusieurs jours j'ai l'impression d'être plus dure avec les autres, plus méchante, plus exigeante.
C'est ce qu'il cherche à faire. Si je bascule entièrement du côté sombre, il aura le champs libre. Les scénarios catastrophe commencent à m'ennuyer.

J'espère qu'il ne viendra pas se mêler à cette invasion de chafers, il ne manquerait plus que ça.

Il faut que je garde le silence.
Je profite un peu des bêtises de Frambwase pour libérer ma colère. Il faudra que je pense à lui faire des excuses correctes si j'en ai un jour l'occasion. Quoi qu'elle a vu le tatouage... J'aurais dû penser à lui demander à quel niveau s'arrêtait la trace de sang. Si elle atteint le haut, je suis fichue.

Je me dis que si Erz' n'avait pas disparu, je me sentirais probablement plus en sécurité. Depuis son départ, je ne me sens pas vraiment soutenue. Tout ceux que j'aime ont l'air de me rejeter. Et tous ceux que je hais se sont mis d'accord pour me harceler. Quelle ironie.

Pourquoi est-ce que vous m'abandonnez tous?

Je ne veux pas montrer l'image d'une dirigeante faible, mais si vous saviez la quantité de larmes que je retiens chaque jour. La colère masque ma peine. Mais pour combien de temps?

Il est vrai que je commence à me sentir seule.
Peut-être que je l'ai toujours été de toute façon.
Comme un fantôme.
Peut-être ne suis-je visible que dans le noir. Que quand les gens ont besoin de moi. Même ça, ça se fait de moins en moins courant.
Je commence à en avoir assez.

A partir d'aujourd'hui, il y a deux choses que je vais m'interdire : Aimer et Haïr.
Peut-être que ça réglera tout.

Soyons naïfs.

Le bruit d'un livre qu'on referme résonne dans la chambre.
Ce dernier sera rangé dans l'étagère, en hauteur. Camouflé entre les recueils de poésie et la recette du Filtounga. A l'abris. Les Anstis lisent peu d'après ce qu'elle avait pu constater.

A l'extérieur, le soleil illumine déjà les toits du port de son doux éclat.
Il faut qu'elle se mette en route vers le cimetière, prête à monter le campement et à attendre les hordes de chafers sauvages. Le bain de sang n'attend pas.
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MessageSujet: Re: Carnet d'Aeternitis.   Ven 13 Avr - 16:56

Écrire en milieu d'après-midi. Voilà une chose qu'elle faisait peu finalement. Peut-être parce que la nuit lui apporte l'inspiration. Après tout, la nuit, on ne voit plus grand chose, et quand c'est le cas, on le devine plus qu'on ne le voit. Un moyen assez évident de faire travailler son imagination sans s'en rendre compte.

Éclairée par un joyeux soleil, la plume d'Aeternitis frôlait de nouveau les pages de "Nuit", animée d'une nouvelle vie. Plus vive, plus légère. Mais était-ce vraiment bon signe?


Citation :
On dirait que je t'ai ressorti pour de bon. Comme si tu ne pouvais pas me laisser tranquille. A moins que ce ne soit moi qui ait trop besoin d'extérioriser. Dans tous les cas, j'ai l'impression que tout ne fais qu'empirer.

Il y a quelques jours... J'étais dans le bureau, je travaillais sur les quelques idées que j'ai en suspend pour le Clan, des idées sympathiques, mais difficiles à apprivoiser. Et puis, tout à coup, ma tête a explosé. Enfin, au second sens du terme, mais je dois dire que la douleur de la première y était. Je crois que ça m'a fait bondir de ma chaise.
Je me suis tenu la tête de toute mes forces, presque comme si je voulais l'écraser, mais la douleur persistait. Et puis j'ai commencé à avoir ces visions. Du monde dans une pièce, des dizaines d'étrangers haussant la voix. Ha, ces voix. Et puis la Sramette, celle qu'il avait appelée Limira. Elle parlait à une autre disciple de Sram, habillée de noir, et aux yeux injectés de sang. Une histoire de fidélité aux cités, ce qui est stupide puisque aucune ne mérite fidélité. Enfin, elles ont commencé à hausser le ton, les voix se faisaient plus fortes, et Limira a jeté une dague en direction de l'autre. Il y avait un léger trait de sang sur sa joue, et dès qu'elle s'en rendit compte ses yeux tournèrent au jaune. Littéralement. Elle s'est jetée sur cet autre moi. Elle l'a lacéré, mutilé, poignardé des centaines de fois, aspergeant en plus les plaies de poison. J'ai ressenti la douleur jusqu'au bout. Intense, mortelle. Je crois qu'à ce moment je suis tombée. Les voix criaient, l'autre ricanait. Un disciple de Pandawa est arrivé et puis... toute la scène à repris du début. Et ça recommençait, encore et encore. Et la douleur revenait à chaque fois, plus vive, plus brûlante.

J'ai fini par comprendre. Et je n'en étais pas heureuse. Loin de là.
Ils l'avaient tuée. Ils l'avaient tuée avant qu'IL ne le fasse. IL allait être furieux! Et tout allait encore retomber sur moi. J'allais encore devoir payer pour les erreurs des autres.
J'ai tenté de sortir de la permanence en m'appuyant aux murs, mais quelques personnes se trouvaient encore là et j'ai préféré me cacher derrière les panneaux.

Malheureusement, Flush m'a entendue. Toute cette douleur m'avait fait oublier comment utiliser mes muscles, et il cru d'abord que j'étais saoule. Sacrieur sait comme j'aurais préféré que ce soit le cas. Je crois que j'ai crié, peut-être pleuré. Enfin,

j'ai fait des choses que je n'aurais jamais fait en temps normal. J'ai fini par lui demander de m’amener à la maison mercenaire, même si cela impliquait de l'utiliser pour des affaires ne concernant pas le Clan.

Je crois que j'ai fait une erreur.
J'étais faible, j'avais besoin d'aide, oui, mais j'ai fait l'erreur de te montrer à lui et maintenant il sait tout. Il a vu la marque, lu ce que j'avais écrit à propos de LUI. J'ai peur d'avoir libéré autre chose. Flush n'est plus comme avant.
Et moi non-plus. J'ai l'impression qu'en retrouvant la bonté que Limira me volait petit à petit, j'ai aussi volé la sienne.
Nos comportements me troublent.

IL a bien évidemment demandé à me voir, et j'y suis bien évidemment allée.Mais la douleur n'existait plus à ce moment, j'étais anesthésiée, insensible à tout choc, toute blessure.
Je crois que j'ai encore pleuré sur la table de sacrifice. Il en est devenu fou et m'a renvoyée chez moi en me promettant toutes les horreurs possibles.

En fait je suis retournée à la maison mercenaire, et j'y ai recroisé Flush qui semblait méditer. Mes doutes ont refait surface, je voulais savoir. Mais la fatigue l'emporta et mon corps s'écroula sur le lit.

Depuis ce jour, nous ne sommes plus les mêmes.
Je deviens plus gentille et lui plus amer. Il s'enferme alors que je m'ouvre.
J'ai un mauvais pressentiment. Mais il faut continuer cette comédie, nous devons être les seuls à savoir. Les seuls à garder ce secret.

Toi, Flush et moi.

La blondinette souffla sur le papier pour faire sécher l'encre avant de refermer la couverture du livre et de le ranger entre les mêmes documents que d'habitude. Une excellente cachette en vérité. Elle descendit les escaliers en prenant garde à ce que personne ne se trouvait au rez-de-chaussé et sortit.

Quand elle passa la porte, elle revêtit son masque. Elle redevint celle dont le destin n'est pas trâcé et dont la vie a un minimum d'importance. La Rever'Anstis que tous les habitués connaissent.
Le côté Arzhel d'Aeternitis.

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MessageSujet: Re: Carnet d'Aeternitis.   Jeu 19 Avr - 17:23

Citation :
"Flush me fait de plus en plus peur.
Il en va jusqu'à s’épuiser au point d'en tourner de l’œil. J'ai bien cru qu'il allait tomber à l'eau l'autre jour.
Je crois que je prends conscience à nouveau des liens qui nous unissent et j'ai de plus en plus peur qu'il ne fasse une bêtise. Mon côté aigri me titille de nouveau, l'inquiétude ne me va pas. Il faut dire que les fausses inquiétudes des autres m'irritent. Qu'ils aillent s'occuper de leurs affaires obsolètes.

Pas question de laisser les autres découvrir les faiblesses de Flush, il faut que j'agisse.
Il faut absolument que je trouve un shaman compétent.
Je te promet de tout changer, Flush. Et là tu auras une véritable raison de me remercier.
"

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