Clan des Anstis - Raval

Demeure des Anstis, clan pirato-mercenaire sous la protection de Raval.
 
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 Candidature de Soupal Haunion, disciple d'Enutrof.

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Alors moi, la soupe à l'oignon...
- ...Je trouve ça dégueulasse
20%
 20% [ 1 ]
- ...J'en prendrais bien un bol!
80%
 80% [ 4 ]
Total des votes : 5
 

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Soupal Haunion

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MessageSujet: Candidature de Soupal Haunion, disciple d'Enutrof.   Jeu 12 Avr - 21:07

L’Enutrof s’avançait. Une salle vide de vivants se présentait à lui. Il paraissait bien la connaître, cette salle. Il continuait d’avancer, jusqu’à se trouver devant la cage à koinkoin. Il semblait sourire, ou du moins, sa barbe le simulait.

« Bon ! J’imagine que c’est ici ! »

Il se tenait droit, sa pelle d’émeraude dans une main, un parchemin dans l’autre. Il regardait avec curiosité le volatile qui se trouvait devant lui –si ce n’est l’inverse. D’un air décidé, il entama son discours :

« Mesdemoiselles, mesdames, mes petits, messieurs, bonsoir !

Je me présente à vous en cette soirée dans le but de déposer ma candidature chez vous.

Je m’appelle Soupal Haunion, je suis un barhomme retraité et centenaire !

Enfin, je ne vais pas m’étendre, je n’aime pas trop parler de moi. Non, vraiment.
»

Soupal manqua de s’entrucher suite à cette sainte parole. Reprenant son souffle, il continua, lisant son parchemin, toujours en face du clapier :

« J’ai cru lire qu’il fallait vous faire part de mon passé pour que la candidature soit valable. Étant de bonne humeur et généralement très bienfaisant, j’ai décidé dans un excès de bonté de ne vous détailler que les parties importantes* de ma vie antérieure.

Aussi, on m’a dit de m’adresser à cette cage pour narrer mon histoire, mais je me rends compte qu’elle n’est pas très loquace. Prévoyant que je suis, j’ai déjà écrit tout ce que j’avais à dire sur un parchemin, ceci compris, pour vous ayez une trace de ce qui est dit !

Bref, je m’égare, et je m’empresse de fermer cette parenthèse afin de vous parler d’antan.
»

Soupal accrocha ce premier écrit de présentation sur la cage. Au bout de celui-ci, on pouvait lire :

« PS : Pour mon histoire, je vous donne mon livre. Je le remplis chaque jour un peu plus, je vous prie donc d’en prendre soin. Je compte en faire éditer plusieurs et le vendre plus tard, estimez-vous heureux d’en avoir un avant-goût !

*PS² : Pour moi, chaque chose a un prix. De ce fait, chaque chose est importante. Vous devrez donc lire toute mon histoire, haha.
»

Il s’empara ensuite d’un tabouret qui se situait initialement sous une table, puis s’assit. Il sortit alors un vaste livre de son sac, qu’il dépoussiéra dans un premier temps. Une fois la tâche accomplie, et un lit de poussière déposé sur le sol, il commença à ouvrir son ouvrage, et à le lire, toujours en s’adressant au koinkoin.


------------------------------------------------------------


Le début de l’histoire remonte à une bonne soixantaine d’années, Soupal avait alors quelques soixante-dix ans : nous sommes approximativement en l’an 570.

C’était un matin, doux et perlé par la rosée quotidienne des heures fraîches de Bonta.

Le vieux était derrière le comptoir de son bar-restaurant, seul. L’œil vif, pétillant comme pas deux, il guettait le moindre client avec une attention hors norme. Il savait les flairer, les clients –et leur argent.

Soupal avait installé son commerce pas loin de là où l’on peut trouver l’actuelle épicerie, dans le centre-ville. De ce fait, il avait une pleine vue sur une grande partie du flux de Bontariens –à savoir de potentiels acheteurs- de l’époque.

On pouvait difficilement louper le vaste bâtiment que tenait Soupal. Pour dire, la maison était sans aucun doute aussi ancienne que son propriétaire, et attirait instinctivement l’œil pour son côté rustique et poussiéreux.
Néanmoins, d’un point de vue architectural, elle était sublime. D’un sombre éclatant, le bois avec lequel la bâtisse avait été construite -certainement de l’ébène- était adroitement sculpté afin de laisser place à de magnifiques ornements. Ces derniers, d’ailleurs, n’étaient à n’en pas douter des vénérations dédiées à Enutrof, Dieu que Soupal chérissait alors énormément. Accrochée au dessus de la porte du zinc se trouvait une plaque d’un vert transparent, étincelant et finement travaillé. Sur cet écriteau, visiblement fait d’émeraude, l’on pouvait voir le nom du bar-restaurant, habilement buriné : « Haunion’ CAT ». CAT pour Comptoir d’Âge Tertiaire. Pour la plupart des clients, ce nom désignait à tous les coups le bon vieux teneur du bar. Soupal, lui, préférait dire que ce nom définissait l’âge de son bistrot, et non le sien.

D’ailleurs, en cette matinée, Soupal semblait avoir de la visite.

En effet, une troupe de jeunes aventuriers passa la porte du café, ils étaient quatre. Tous s’avancèrent alors vers le comptoir pour commander quelque collation.

« - Quatre pintes, vieux croulant, et qu’ça saute ! »

Soupal n’aimait pas trop qu’on lui parle ainsi, mais après tout, que valait un manque de respect face à quelques kamas ? Eh bien, un coup de pelle. En effet, pour Soupal, le respect des personnes âgées était la première des choses à inculquer aux jeunes !

Ni une ni deux, le jeune insolent ravala sa fougue d’un bon coup de spatule dans les gencives.

« -Sors de là, brigand ! Ici, c’est chez moi et je n’tolère pas les salopards dans ton genre ! », s’égosilla-t-il.

Reprenant son calme, et adressant un sourire hypocrite et forcé au reste de la clientèle :

« -Vous pouvez tout de même rester, vous autres, tant que l’argent est de mise ! »

Perplexes, les clients commandèrent les quatre bières prévues, ainsi qu’une soupe maison format familial, spécialité de Soupal. Ils s’en allèrent ensuite.

Les soupes du vieillard faisaient un véritable tabac à Bonta, à l’époque, et elles lui avaient valu une certaine notoriété. Son établissement était également connu pour les bagarres qu’il abritait. Les bastons entre Soupal et ses clients irrespectueux, bien sûr. Cela amusait beaucoup de monde, ce qui avait créé, après plusieurs années, une sorte de véritable tournoi : « Qui battra Soupal ? Qui l’énervera le plus ? Qui lui fera cracher sa soupe ? ». Au final, lorsqu’il a constaté que beaucoup de monde s’intéressait à ses coups de gueule, il décida de faire payer les gens pour qu’ils puissent assister aux castagnes. Enutrof un jour, Enutrof toujours.

Voici donc la vie de Soupal, quelques décennies plus tôt : vieillard agité, teneur d’un bar, vendeur de soupes, ou simple attraction pour certain(e)s.

Sa vie pourrait se résumer à ça, mais non. Ceci n’est que la partie émergée de l’iceberg qu’est Soupal. Soupal était en fait un orphelin, ses parents ayant été tués par des miliciens de Brâ…

Hem. Je disais. Ah, oui, la partie émergée, tout ça, tout ça. Bref. La baraque de Soupal cachait un tout autre business que celui de vendre des soupes à quelques égarés. Un business bien plus lucratif.

Mais reprenons notre histoire, vous en apprendrez bien plus…

Une fois les quatre énergumènes sortis, un homme de tenue sombre rentra dans la pièce. Élégamment habillé, se déplaçant avec un style rarement discernable aujourd’hui, il avançait jusqu’au comptoir. Si l’on regardait de plus près l’inconnu, on pouvait remarquer qu’il n’était pas de la même trempe que les Bontariens « normaux ». Celui-ci paraissait provenir d’un milieu aisé, voire très aisé : il possédait de nombreux bijoux en or sur lui, et, plus stéréotypé que tout, il arborait un monocle qui semblait être taillé à même le diamant.

Une fois le comptoir atteint, il fixa Soupal, déposa trois kamas sur la table longue et usée, et les fit glisser jusqu’au vieil homme. Il demanda ensuite :

« - Une soupe à emporter, et la spécialité de la maison, monsieur Haunion, je vous prie. »

Plissant les yeux, le vieillard s’empara des trois pièces qu’il rangea aussitôt dans sa poche de salopette.

« - Très bien, suis-moi, cher client. »

Avant d’emmener l’homme là où il voulait, Soupal prit soin de fermer son bar pour éviter tout problème.

Ceci fait, il pria l’homme de le suivre jusqu’à une trappe, dissimulée dans son bar. En effet, derrière le long bureau où trônait et servait Soupal, une trappe était planquée sous la peau d’un bwork faisant office de tapis.

Une fois descendu, une sombre pièce s’offrait aux deux hommes.

« - Bien, tu as déclenché le signal en m’apportant trois pièces et en prononçant la phrase voulue, que veux-tu, étranger ?

- La spécialité de la maison, bien sûr… Je souhaite vous déposer ce contrat, monsieur Soupal. Je vous laisse une semaine pour faire ce que j’attends de vous. Voici également un petit salaire que vous pouvez tenir comme garantie de paiement. »

L’homme, encore inconnu, tendit un papier à Soupal, ainsi qu’une bourse qui semblait être dûment remplie.

« - Ce sera fait. Je te prie désormais de sortir par cette échelle, par mesure de prudence. Ne remets plus jamais les pieds ici, je te contacterai par Corbac une fois la mission remplie. »

Le « client » s’exécuta. Il prit l’échelle qui menait vers une sortie dérobée à l’arrière du bar, celle-ci étant parfaitement camouflée par une trappe, mais aussi par divers feuillages et autres bâtisses inutiles.

Une fois l’individu parti, Soupal se contenta de s’asseoir sur une confortable chaise et de lire le morceau de feuille que lui a donné la mystérieuse personne.

Les heures passèrent, et le vieux ne bougeait pas de sa chaise, il semblait attendre quelqu’un, ou quelque chose, quelque chose qui allait bouleverser l’avenir du monde.

Vint ensuite une heure assez avancée de l’après-midi. Du brouhaha était audible au niveau de l’échelle dissimulée. Après quelques minutes de ce qui semblait être un déverrouillage massif de l’entrée –ou d’une inaptitude totale à ouvrir la trappe-, un homme entra, et la conversation s’engagea entre les deux hommes.

« - Ah, c’est toi, Buh. Ça fait un bout de temps que je t’attends. Mais après tout, j’imagine que tu as rempli la mission précédente, donc je n’ai pas de raison de me plaindre de ton retard. Passons : tu ne saurais pas où est parti Schar ? J’ai un boulot pour lui, un client est arrivé ce matin.

- J’sais pas trop. Y m’semble qu’y bosse encore sur l’travail qu’tu lui as donné hier. Sinon, t’sais pas pourquoi qu’les squelettes y z’ont pas d’os au nez ?

- Ça fait presque une journée maintenant. Il doit être sur le chemin du retour. En plus Schar n’aime pas trop les zaaps. Et puis, c’est loin, Brâkmar… »

Tandis qu’il se préoccupait de son compagnon toujours absent, deux disciples de Sacrieur passaient la trappe.

« - Ah, vous voilà, Al et Al « bis ». Vous avez accompli votre boulot, j’imagine ?

-
Évidemment. Le client concerné arrivera plus tard dans la soirée pour nous filer le reste de la somme due, se vantait Al, tandis que son frère, Al « bis », se contentait d’approuver.

- Excellent ! Mais, nous devons attendre que Schar soit revenu avant que je puisse vous distribuer vos nouveaux travaux. »

À peine eut-il terminé sa phrase que l’on pouvait entendre une personne s’exprimer, tandis qu’elle descendait l’échelle :

« - Plus la peine d’attendre, je suis là. »

Schar venait d’arriver. Il avait accompli sa besogne, et fit un bref compte-rendu à Soupal pour le lui prouver.

« Parfait ! » s’exclamait le vieil homme.

« - Nous allons pouvoir continuer. On est très prisés ces temps-ci. Tous les marchands d’ici souhaitent se débarrasser de leurs concurrents à Brâkmar. Mais on ne va pas s’en plaindre.

Les frères Al, vous irez au Quartier des Forgerons pour y trouver cet homme. Le descriptif est sur cette fiche, comme d’habitude. Vous y trouverez également les lieux qu’il fréquente. Bref topo : ce type est un mineur qui vend son minerai à prix cassé par rapport à celui de notre client. Il a demandé sa mort, vous avez carte blanche. 100.000 kamas d’office, 400.000 de plus si vous réussissez.
»

Acquiesçant, les deux hommes sortirent de la pièce.

« - Buh, voici ta cible. Tu la trouveras dans une des tavernes de Brâkmar, à coup sûr. Cet homme est un alcoolique qui a entendu notre client parler de son business qui est quelque peu… frauduleux. Il souhaite sa mort, peu importe les moyens. Il nous a promis 750.000 kamas si nous réussissons, nous avons déjà touché 250.000 kamas pour garantie. »

Souriant, riant et heureux, le tueur qu’était Buh se dirigea vers la sortie pour commencer sa recherche de l’homme en question.

« - Schar, je t’ai laissé la plus grosse mission. Notre client, qui est arrivé ce matin, s’est fait voler toute sa bijouterie, soit une somme immense. Selon lui, il y aurait quatre ou cinq voleurs, assez dangereux, ou du moins bien armés. Tu es le plus puissant et le plus discret des quatre, tu devrais y arriver sans soucis. Tu dois récupérer l’argent. Tu peux ne pas tuer les voleurs si tu veux, mais sache que nous recevrons une prime supplémentaire non négligeable si tu ramènes leur corps au client. Il veut les empailler et s’en servir comme tapis ou comme statue, j’crois… enfin bref, les paiements : un million d’office, le double si tu réussis sans les tuer et le triple si tu ramènes leurs corps. »

Schar, le disciple de Sram puissant mais toutefois modeste et noble, s’en allait chercher ses proies tout en s’emparant du descriptif de sa mission.

Toute l’équipe était au travail. Et ce travail, c’est la partie immergée de la vie de Soupal, la partie cachée, frauduleuse.

Soupal Haunion n’était autre qu’un mercenaire à la solde de Bonta et de ses habitants. Bien sûr, son « commerce » était illégal, mais il avait un arrangement particulier avec certaines hautes têtes de l’époque de Bonta. Cet arrangement rendait le trafic de Soupal un peu plus légal, ou tout du moins, cela le faisait être toléré par Bonta et ses administrations. À vrai dire, ces derniers étaient bien aidés par les affaires de Soupal, qui éliminait les concurrents Brâkmariens. Cependant, la seule chose qui maintenait son commerce en vie, c’était l’argent qu’il donnait aux Grands de Bonta. C’était là son point faible.

Il avait avec lui quatre camarades, tous amis, qui répondaient à ses ordres : Soupal était le chef. Le statut officiel de Soupal de « teneur de bar » et de « brave papy vendant des soupes faites maison » rendait son business secondaire on ne peut plus discret, et nul ne pouvait le soupçonner de tenir un tel trafic. D’ailleurs, ce trafic n’était connu que par quelques élus.

Leurs méfaits commençaient à faire parler à Brâkmar, où des personnes plus ou moins importantes disparaissaient jour après jour. Même si bien évidemment, Brâkmar ne savait pas que c’était lui et ses quatre compagnons qui étaient responsables de ces assassinats. Ils savaient simplement qu’une ou plusieurs personnes étaient impliquées dans ces affaires (perspicaces, n’est-ce pas ?).

Ses quatre compagnons, parlons-en.

Tout d’abord, le premier à avoir rejoint le groupe : Schar Geais dit « Le Faucheur ». Schar est un disciple de Sram, fidèle ami de Soupal. C’est un excellent combattant qui agit dans l’ombre. On dit que ses victimes ne le voient qu’avant de mourir, et qu’ils n’aperçoivent qu’un visage vide de tous sentiments. Son surnom lui est dû au nombre très élevé de personnes qu’il a tuées, mais également à sa cicatrice en forme de faux, incrustée sur le haut du crâne.

Ensuite s’ensuit Buh Tonlé, dit « Le Boucher ». Il est le deuxième à avoir rejoint Soupal. C’est un disciple d’Iop dont la brutalité lui vaut son surnom. On dit que ses victimes sont effrayées par le simple fait d’écouter sa façon de parler. Aussi, il y a une chose -parmi d’autres- qu’il ne comprend pas : pourquoi les squelettes n’ont pas d’os au nez. Cette question à tournure philosophique le hante constamment, et il pose la question à chacune de ses cibles avant de les tuer.

Enfin, il reste les deux frères : Al Hatack, l’aîné, et son petit-frère, Al Ahço, dits « Les Tacticiens Bleus ». Al et Al « bis » sont les derniers à avoir rejoint le groupe de Soupal Haunion. Ils lui sont très fidèles et l’admirent beaucoup pour son âge avancé et son art de ruse, art dont ils s’inspirent. Les deux disciples de Sacrieur se ressemblent comme deux gouttes d’eaux, et possèdent sur leurs mains non pas du sang rouge, mais un liquide d’une teinte bleutée. Personne ne sait d’où vient cette couleur, pas même eux. Ils se servent souvent de leur ressemblance pour élaborer des plans, qui consistent pour la plupart du temps à attirer la cible dans un traquenard. La couleur de leurs mains et leur effective tactique leur a valu le surnom de « Tacticiens Bleus » dans le groupe des cinq.

En bref, voici à quoi ressemblait la plupart des journées de Soupal.

À cette époque, il menait une vie paisible, sûre et assurée de par son astronomique masse d’argent qu’il avait accumulée au fil des années, mais également par la complicité qu’il entretenait avec ses camarades.

Malheureusement pour lui, tout a basculé un jour. Le jour de trop, le contrat de trop, le kama qui fait imploser le coffre. Le groupe de Soupal avait ses limites, et certaines cibles étaient inaccessibles, même pour lui.

Tout a débuté un matin de Juinssidor 604. Le temps était pourtant prometteur, preuve qu’il ne fait pas bon lire son avenir dans la météo du jour.

Soupal et ses collègues étaient alors tous assemblés dans la cave secrète du bar. Le vieil homme avait visiblement réuni la petite troupe pour leur annoncer quelque chose d’important :

« - Mes amis, j’ai quelque chose de sérieux à vous dire, aujourd’hui. Vous savez tous que je n’effectue jamais moi-même les contrats, puisque je ne me déplace que lorsque l’affaire est d’un trop grand niveau pour que je puisse me permettre de risquer vos vies. Cependant, j’ai reçu un courrier m’indiquant une cible à éliminer, ce matin, et il s’agit d’une personne très bien placée dans la société Brâkmarienne. Je ne peux donc pas me permettre d’envoyer l’un d’entre vous à l’abattoir, c’est pourquoi j’ai décidé de m’y rendre moi-même et d’achever la mission seul. » dit-il d’un ton solennel.

« - Vraiment ? Le problème est vraiment si lourd pour que toi, tu décides de te rendre sur place ? Cela fait bien des années que tu n’as pas eu à faire une telle chose, mon vieux Soupal. Je ne suis même pas sûr que les frères « Al » et que Buh t’aient vu une seule partir en expédition pour une mission. » s’étonnait Schar.

« - Comment ça qu’j’peux pas battre l’gars, là ? Tu m’sous-estimes, Soup’ ! » râlait Buh, avec une voix qui semblait simuler l’énervement. Car bien que parfois stupide, Buh était lucide et savait que lorsque Soupal prenait une décision, elle n’était pas prise à la légère. Il préférait ainsi, plutôt que de laisser passer le verdict de Soupal sans rien dire, feinter un mécontentement afin de passer pour un Iop, un vrai, et ce jusqu’au bout. Que de professionnalisme : être Iop, ça s’apprend pas, c’est inné.

« - Oui, le contrat est difficile. Je ne vous dévoilerai d’ailleurs pas les clauses de ce dernier, pour éviter que vous tentiez de me retrouver afin de m’aider. Je pense partir une fois cette discussion terminée. En mon absence, veillez à tenir le bar fermé, et à ne pas vous faire voir en train d’emprunter l’échelle de derrière. Absence qui d’ailleurs peut être vue comme des congés, pour vous. » termina Soupal.

« - Nous te souhaitons bonne chance, Soupal ! Nous savons que tu vas réussir ta mission ! Après tout, c’est toi qui nous as formé, et nous n’avons jamais échoué dans nos quêtes, c’est pourquoi tu ne peux perdre. Que Sacrieur guide ta pelle et fasse jaillir le sang de tes opposants ! » s’exclamèrent les deux frères, très confiants quant aux compétences leur maître.

C’est suite à ces mots que Soupal sortit du bar, qu’il prit soin de fermer avant son départ.

Le pas pressé, il se rendit là où l’on pouvait trouver le zaap. Il se jeta dedans, une destination en tête : les Landes de Sidimote.

Lorsqu’il arriva à Brâkmar, il faisait nuit (je vous l’accorde, il fait toujours nuit à Brâkmar).

Soupal, légèrement fatigué par le trajet « Landes de Sidimote – Brâkmar », décida de faire une halte à la taverne de Djaul, qui à l’époque, n’était pas tenue par Jiaye Djaul, mais par une espèce d’ivrogne empoté comme on en trouvait rarement dans une taverne. Tout du moins, derrière le comptoir.

« - Gu’est-ché gué Monchieur veut bouère ?

- Rien du tout, j’ai déjà ce qu’il me faut… J’viens juste me reposer.

- Cha féra guand même choichante-chingue gamach, chét établichement n’echt pach oune banc poubligue, fouch né poufez pach y rechter gomme bon fouch chemble.

- Soixante-cinq kamas pour rester dans une porcherie ?! Si c’est ça, je pars tout de suite ! Sale racaille ! Arnaqueur ! Vandale ! Renégat ! Parjure ! »

Soupal était… comment dire… très pointilleux sur les prix, et c’est en insultant l’ivrogne au drôle d’accent qu’il quitta la taverne.

« Direction le quartier des bijoutiers. » pensait alors Soupal.

Il s’y rendit, et chercha quelques temps la maison de sa cible. Il finit par la trouver. Elle était là, devant lui, et à l’intérieur se trouvait un homme sur lequel pesait le sceau de la mort.

Le type en question était un receleur. Soupal comptait se servir de ce « métier » pour atteindre sa cible : il n’avait qu’à se prétendre détenteur d’un objet volé d’une grande valeur, et il aurait accès à l’homme qu’il recherche.

Fier de son plan, Soupal entra dans la bâtisse. Une vaste pièce faiblement illuminée s’ouvrait alors à lui. Sous ses pieds se trouvait un tapis rouge qui menait à un comptoir, derrière lequel se trouvait un borgne difforme étrangement repoussant. Suivant le chemin du tapis, il arriva jusqu’à l’homme, qui le questionna :

« - Que puis-je faire pour desservir Monsieur ? Hin hin…

- J’veux voir le proprio, j’ai une affaire en or à lui proposer. J’ai en ma possession un objet d’une très grande valeur que j’ai… du mal à vendre, si vous voyez ce que je veux dire. J’ai besoin de l’aide de Creulere.

- Oh, mais Monsieur n’est pas si stupide qu’il n’y paraît… Il connaît même le prénom du boss… Hin hin…

- Bon, j’peux l’voir ou pas, face d’Oni ?!

- Bien sûr, bien sûr… Pas la peine de s’énerver… Hin hin…
»

L’homme quitta son comptoir pour se rendre –tant bien que mal- jusqu’à ce qui semblait être la porte du bureau du « boss ». Il rentra, et resta quelques minutes dans l’endroit, avant de sortir et de retrouver sa place originelle.

« - Le patron accepte de vous rencontrer… Hin hin… Il vous donne rendez-vous dans quatre heures à la taverne du Chabrulé… Hin hin…

- Parfait, j’y serai. Adieu, tronche de Noeul.

- C’est ça, c’est ça… Hin hin…
»

Agacé par l’irritante voix du laquais, c’est le pas pressé que le vieux quitta l’établissement.

« Bon… Taverne du Chabrulé, et ce dans quatre heures… » pensait-il.

Il lui fallait préparer le terrain, c’est pourquoi il se rendit aussitôt à la taverne.

Premièrement, il lui fallait se débarrasser du tavernier. Cette première tâche n’était pas compliquée. Après tout, nous sommes en Brâkmar, et il est facile de corrompre n’importe quel individu :

« - Tavernier ! » s’exclamait Soupal, tandis que le gros serveur s’avançait vers lui.

« - Ouais ? Que ne puis-je faire pour vous ?

- Dites-moi… J’ai rendez-vous avec un ami ici dans peu de temps, et nous avons besoin d’être seuls. Que diriez-vous de nous laisser seul pendant… disons… cinq heures ?

- Moi j’veux bien mais… cinq heures de salaire… vous savez c’est la misère ici… j’ai une famille et…

- Que dites-vous de ces quelques cinquante mille kamas ?

- Cinquante-mi… ? Ah, j’accepte, je file, je file ! À dans cinq heures ! »

Le tavernier sortit alors, déchaîné.

« L’est pas farouche, c’ui-là… »

Le problème était réglé. Ensuite, il fut fort probable qu’un garde du corps accompagne Creulere, et Soupal en avait conscience. Mais l’ancêtre avait plus d’un tour dans son sac, et c’est ce dernier qu’il comptait utiliser pour arrêter un quelconque garde du corps. Il déposa son sac au sol, à côté de la chaise qui s’opposait à la sienne.

Ensuite… Il attendit. Quatre longues heures.

Après avoir fait le compte de son argent de poche une bonne dizaine de fois, deux ombres se présentaient à Soupal.

La première était celle de Creulere : un homme fin, et habillé en tenue d’homme d’affaires.

La deuxième était son garde du corps. C’était une masse comme on avait rarement l’habitude d’en croiser. Il était comparable à un Craqueleur. Preuve en est, il avait défoncé les côtés de la porte avec ses épaules, à cause du fait qu’il était trop large pour pouvoir passer.

Creulere s’installa en face de Soupal, et la brute resta à côté de son « maître », mais également à côté du havresac de Soupal. La conversation commençait :

« - Bonyoul Messieur, c’est biène vous qui m’avez demandé ? Mon valet m’a parlé d’oune homme vieux qui voulait mé ploposer oune objet à vendle. Y’écoute, y’écoute, Messieur ... ?

- Monsieur Soupal… Soupal Atruf. Votre réceptionniste a raison, j’ai en effet une offre à vous faire. C’est…
»

Soupal n’y avait pas réfléchi. Heureusement, il prit pour offre la première chose qui lui passa sous les yeux. L’heureuse élue fut sa pelle. En y réfléchissant rapidement, Soupal se dit que cela faisait une proposition crédible. En effet, il n’y a rien que Soupal ne chérit plus que sa pelle, si ce n’est l’argent, et ce encore aujourd’hui. À vrai dire, c’était une très belle pièce : le manche avait été sculpté dans de l’orme, et la partie avant de la pelle avait été taillée dans de l’émeraude. Soupal était fier de sa pelle.

« - C’est cette magnifique pelle. » reprit-il d’un air assuré, tout en tendant l’engin au receleur.

L’homme prit un certain temps pour observer le bien de Soupal, et après quelques minutes de réflexion, il s’exprima enfin :

« - Ma qué ?! Est-ce tout cé qué vous avez à mé ploposer ? Une holleul paleille ? Même oune jaldinier n’en voudlait pas poul s’occouper dé son jaldin ! Imbécile ! Yé n’ai pas dé temps à peldle avec des abroutis comme vous ! »

Creulere lança la pelle à Soupal, qu’il rattrapa par simple réflexe. Le regard de Soupal était vide. Imaginez un instant. La pelle d’un Enutrof, c’est comme l’arc d’un Crâ, ou l’épée d’un Iop. Crachez sur l’arc du Crâ, ou sur l’épée du Iop et imaginez leur réaction. Soupal, d’une teinte de peau assez sombre naturellement, avait viré au rouge.

Il releva la tête. Il tremblait de colère. Les mots du receleur tournaient dans sa tête, tandis qu’il se remémorait les souvenirs d’antan. Il se voyait, le jour de ses un an, avec son tout premier cadeau d’anniversaire : sa pelle d’émeraude. Il se rappelait aussi le jour où son père lui mettait des « pelletées » en lui disant : « Soupal, je t’ai déjà dit de ne pas cracher dans ta soupe ! » ou encore : « N’avale pas les kamas ! Je sais bien que tu ne veux pas qu’on te vole tes kamas, mais ce n’est pas en les mangeant qu’ils seront plus à l’abri ! ». Tant de souvenirs qui faisaient dire au vieillard qu’il était intolérable qu’on parle ainsi de sa bien-aimée.

« - Écoute-moi bien, Creulere, c’est pas un type dans ton genre qui va m’apprendre ce qui a de la valeur ou non ! Receleur ? T’as craquelé l’sac mon pauvre ! Un minot comme toi serait même pas capable de reconnaître un diamant si on lui en montrait un ! Escroc ! Tu vas casser ta pipe, Creulere ! Je vais m’assurer de régler l’affront que tu m’as fait en insultant ma pelle ! On va voir si elle ne vaut rien ! » tonna le vieillard.

« - Il souffit ! Galde ! Attlape-moi cé fou foulieux et fais-le taile ! Yé né veux plous entendle ses gueuselies ! »

Creulere lança alors un regard à son garde. Ce dernier s’avança alors vers Soupal, sans crainte de briser la table qui se trouver sur son chemin. Il la cassa, d’ailleurs. En marchant dessus. Soupal regardait la bête s’approcher de lui, tandis qu’il reculait.

« - J’vais t’bouffer, vieillard ! » annonça le garde.

« - J’aimerais bien voir ça, gland sur pattes ! » rétorqua l’Enutrof, sûr de son coup.

Et il avait raison. Tandis qu’il gagnait du temps en reculant et en parant tant bien que mal les coups de la brute, un allié de taille se préparait à faire basculer la balance.

En effet, personne ne prêtait attention au sac déposé préalablement près de la table par Soupal. On pouvait pourtant l’apercevoir remuer depuis le début du combat, et après moins d’une minute de guéguerre, une étrange forme sortit du sac. C’était Dundee, le petit Crocodaille nain qu’affectionnait Soupal. Ce dernier, vif comme un moskito, se précipita vers l’armoire à glace afin de lui lacérer le tibia. Le garde cria, et s’effondra sur ses genoux, avant de tourner la tête pour voir ce qui lui arrivait. Dundee profita alors de ce désarroi total pour lui sauter au visage.

À ce moment-là, l’Enutrof savait la victoire remportée, et tandis que le garde s’écroulait au sol, Soupal, lui, avançait vers Creulere, lentement. Ce dernier ne semblait pas savoir quoi dire. Il avait l’air pensif, perdu. Il regardait simplement son assistant, au sol, subissant les continuelles attaques du Crocodaille.

« - C’est impossible… » se contenta de murmurer le receleur, tandis que Soupal était presque à portée de frappe.

« - Impossible ? Vois par toi-même avec le coup que tu vas prendre, et ensuite tu pourras dire si cette situation est impossible. En attendant, prépare-toi ».

Empoignant son arme, parcourant les derniers mètres le séparant de Creulere, Soupal préparait une attaque : dans un hurlement caractérisant la force employée dans son assaut, il frappa. D’un geste vif, la pelle se retrouva dans les côtes du receleur, face tranchante. Ce dernier cracha du sang mais étonnamment, il était toujours conscient. Soupal retira alors sa pelle, qu’il brandit au dessus de sa tête. Il l’abaissa en direction du crâne de Creulere.

« - Nous… nous revellons… Monsieur… Soup… al… » termina-t-il, avant de se prendre le coup.

La pelle atteignit alors la tête de l’homme, face plate, ce coup-ci. En piteuse état, le corps tomba au sol, gisant dans son sang après quelques minutes.

Il semblait mort.

Soupal , lui, restait droit. Il resta quelques instants à regarder l’état des lieux avant de s’en aller :

« - Partons, Dundee. Et n’oublies pas de te brosser les dents, en rentrant. » se contenta-t-il de marmonner, avant de quitter la taverne.

Et ils rentrèrent, indemnes. Ils fêtèrent leur victoire avec les autres membres du groupe comme il se devait. Un édifice de la fraude Brâkmarienne venait de tomber.

Suite à cela… les jours passèrent, les mois passèrent, les années passèrent. Ces dernières avaient suivi l’éternel train de vie de Soupal : elle était remplie des mêmes combats, des mêmes actions, des mêmes peurs, aussi.

An 607, une certaine journée, un certain mois.

Soupal ne le savait pas encore, mais cette journée allait marquer sa vie. À jamais, pour toujours. Chaque minute, chaque heure. Il se souviendra de chacune jusqu’à la fin de ses jours. Il les ressassera, tout le temps.

Non, Soupal ne le savait pas. Mais pouvait-il savoir ? Pouvait-il prévoir, anticiper son destin ? Après tout, qui le peut ? Pas lui, en tout cas. Preuve en est, ce qui allait troubler son existence venait d’arriver, par Corbac. C’était cette invitation à un concours de pêche qu’il reçut, un jour pourtant semblable aux autres :

« Soupal Haunion, je vous salue !

Je suis le créateur du tout frais CECA, le Club des Enutrofs Conservateurs d’Astrub. Je vous invite, pour inaugurer sa fondation, à un concours de pêche qui aura lieu au point d’eau qui sert de lac d’Astrub.

Le but de cette partie est de convaincre un maximum d’Enutrofs à nous rejoindre, pour un futur qui, croyez-moi, vous sera fort différent. À vous mais aux autres Enutrofs également, bien sûr.

À la clef de ce concours se trouve un lot qui saura plaire à n’importe quelle personne ! Vous-mêmes, si vous gagnez, je puis vous assurer que vous ne serez plus le même, une fois chez vous…

Rendez-vous ce Vandanor, à 8h40, au lac d’Astrub.

Zobribob.
»

Ce message intriguait Soupal. Certes, il était un fervent d’Enutrof, et il n’avait pas honte de le dire, ni de le montrer. Mais, qu’avait-il à faire avec des « Conservateurs » ? Soupal n’était pas un de ces gens voulant que son Dieu domine sur le Monde, écrasant les autres. Non, il était tolérant, alors pourquoi ? Ceci dit, à bien lire de plus près, il est bien écrit que le but est de convaincre, non pas de regrouper des membres existants déjà.

Soit.

Astrub ? Pourquoi les Astrubéens lui enverraient-ils une invitation à lui, habitant de Bonta depuis toujours ? Bonne question.

Au final, qu’est-ce qui pouvait empêcher notre bon vieillard de se rendre à ce concours ? Rien. Tout semblait normal dans l’affiche, après plus mure réflexion.

Et puis, c’était toujours l’occasion pour lui de bien se « fendre la gueule », comme il se plaisait à dire.

Sa décision était prise : il se rendrait au lieu de rencontre.

Il devait cependant prévenir ses camarades, ce qu’il fit :

« - Bon, les copains, écoutez-moi. Vandanor, je me rends à Astrub pour pêcher du requin, et pas du p’tit ! Ce soir, je pars donc pour la p’tite cité de manière à ce que j’arrive à la bonne heure pour le concours. Je fermerai le bar, et sa défense sera vôtre. Sortez pas de la cave, vous avez largement de quoi vivre là-dedans d’ici demain ! Ah, aussi. Si vous vous ennuyez, jouez aux cartes. Celui qui ramasse le plus de blé gagne trois jours de vacances ! C’est-y pas génial ? »

« - Ça roule. Les gars, préparez les kamas ! » dit Schar, dans un élan de confiance.

« - Frangin Al, prépare-toi, je vais te vider tes poches ! » s’exclamèrent les deux frères, en cœur.

« - Beuh, pourquoi qu’c’est aux cartes qu’ça s’joue ? J’perds toujours à ça, alors qu’à la baston, c’est toujours moi qui gagne ! » râlait Buh.

« - Bien, puisque vous semblez ravis, je me retire afin de me préparer. » conclut Soupal.

Le soir, vers 23h00, il commença son voyage vers Astrub. Voyage qui fut, par chance, sans encombre. Aucun brigand, aucun Kanigrou, aucun Craqueleur pour gêner sa progression.

Il arriva au lac vers 7h20, le fameux Vandanor. Il était entouré par une troupe d’Enutrofs. Il discuta avec certains d’entre eux, mais cessa rapidement à cause de leurs idéaux qu’il jugea, selon ses mots « profondément extrémistes et créateurs de conflits sans précédents ».

À 8h40 pétantes, le « combat » démarrait. On ne compte plus le nombre de chachas, bottes, slips, et autres Enutrofs qui avaient été pêchés ce jour-là.

9h40. Les gaules sont pliées. Après une heure de pêche, le prix allait enfin être révélé, ainsi que le vainqueur.

Et le vainqueur n’était pas Soupal, bien qu’il ait terminé second. Et le prix était à la hauteur du titre de deuxième du podium. En effet, Soupal a gagné le prix le plus incroyable de sa vie : un koinkoin en plastique. Voyant cela, le vieil homme était au bord des larmes. Si, vraiment.

« - Bordel, non seulement j’ai dû supporter les propos outrageants de ces imbéciles, mais en plus j’ai perdu. Je suis vraiment venu pour rien. J’ai plus qu’à retourner à Bonta… Je me demande bien lequel des quatre a gagné aux cartes. Si c’est Buh, je lui offre une semaine de vacances, tiens. Il a jamais gagné le pauvre, haha ! » marmonnait Soupal, seul, tandis qu’il faisait le chemin retour vers Bonta.

Lorsqu’il arriva à Bonta, il était aux alentours de 18h00.

Il faisait face à sa majestueuse bâtisse.

« - Qu’est-ce qu’on est bien chez soi ! » pensait-il alors.

Il entra, comme il l’avait toujours fait, lentement, mais le pas assuré. Il passa le comptoir, et constata que la trappe n’avait pas bougée.

« - Eh ben, je constate qu’ils m’ont écouté, c’est vraiment des braves p’tits gars ! » riait-il.

Il passa la trappe, et atterrit sur le plancher de sa cave cachée.

« - Oulà, il fait bien noir là-dedans ! Vous jouez aux cartes comme ça ? Ou alors c’est mon anniversaire et vous me faites une surprise ? Hahahaha ! Sacrée jeunesse ! » s’exclama Soupal, toujours aussi enjoué.

Il alluma la lumière. Il ne riait alors plus. Son visage se mit à pâlir. Sa main lâchait la corde censée allumer la lumière pour retrouver une place naturelle, le long de son corps. Sa bouche était béante, il ne pouvait plus la refermer. Ses yeux… ses yeux étaient indescriptibles. À ce moment, ses yeux exprimaient trop de sentiments pour qu’ils puissent tous être cités, et s’ils l’étaient, n’importe quelle personne aurait souffert. La seule vue du regard de Soupal déchirerait un saint.

Sa vue… Soupal pria pour la perdre. Il aurait aimé ne pas voir ce qu’il voyait. Il aurait aimé… comme personne ne l’aurait pu.

Devant lui se trouvait son pire cauchemar, sa pire crainte. Devant lui se trouvait sa mort, et sa vie.

À sa gauche se trouvait Buh, attaché à une chaise. Il était méconnaissable tant il avait été roué de coups. Ses mains n’étaient plus là. Elles étaient accrochées aux cous respectifs de deux types, morts, au sol. D’autres avaient sûrement dû les lui couper pour qu’il lâche les deux hommes. Son torse était mutilé, ouvert à divers endroits. Trois épées lui transperçaient la cage thoracique, tandis qu’une hallebarde lui avait fendu le crâne.

« Buh… »
En face de lui se trouvaient les deux frères Al. Les deux jeunots, comme il aimait les appeler. Ou plutôt, ses deux fils, car il les considérait comme tel…
Leur sort n’était guère mieux. Ils avaient été accrochés au mur du fond par quatre sabres, donc un poignard, dans la gorge. Leurs torses laissaient apparaître d’innombrables entailles. Et leurs mains… leurs mains étaient rouges. De sang. C’eût probablement été la pire des choses pour eux. En effet, si leurs mains ne sont plus bleues, alors qu’est-ce qui permet de les différencier des autres disciples de Sacrieur ? Qu’est-ce qui leur donne une identité ? Qu’est-ce qui les fait… vivre ?

« Les fils… non… Al… »
Soupal se tenait le visage. Ou plutôt, il se déchirait le visage, tant il le serrait.

Enfin, à sa droite se trouvait Schar. Ce qu’il en restait, plus exactement. Schar n’était plus… qu’un tas d’os. Son crâne avait été fendu par une dague. Ses restes étaient dispersés sur un rayon d’un mètre, dans lequel se trouvaient trois hommes, morts. L’un planté dans le cou, l’autre dans le cœur, le dernier dans le dos.

« Schar… même toi ? »
Dans le cœur. Soupal aussi avait été planté dans le cœur. Cet homme n’avait aucun autre cœur que celui qu’il offrait chaque jour à ses quatre amis : Buh, les frères Al, et Schar.

Dans le dos ? Oui, aussi.

Car les cinq hommes morts à côté de ses compagnons n’étaient pas n’importe qui. C’était des miliciens Brâkmariens. Il en restait d’ailleurs cinq au fond de la pièce, dont le sourire était, chaque seconde, une attaque dirigée vers Soupal.

Soupal ne comprenait pas ce qui lui arrivait, mais il comprit tout de même une chose, ces gardes n’étaient pas là pour rien, et il allait en effet donner une raison à leur venue.

Furieux, il redirigea son regard vers les cinq hommes, dont le visage et les armures étaient encore tachées du sang de ses compagnons. Il brandit également sa pelle, avec une rage qu’il n’avait jamais connue. Ses yeux étaient rouges. Rouges de sang, rouges de rage, rouges de haine. Envers lui, envers Brâkmar, envers le Monde. Ses veines n’avaient jamais connues une telle dilatation. Son regard n’avait jamais été aussi vide.

Il commença à courir vers ses assaillants, hurlant d’une voix qui effraierait le plus aguerri des guerriers :

« BANDE DE SALAAAAAAAAAAUDS ! »
Et il frappa. Une fois. Deux fois. Trois fois. Autant de fois qu’il le jugea nécessaire. Il tuait, encore, et toujours. Trois étaient déjà par terre, au bout d’une poignée de minutes. Il s’apprêtait alors à s’attaquer aux deux restants, la pelle en avant, le rouge recouvrant l’émeraude.

Cependant, il s’arrêta lorsque la trappe s’ouvrit. La même qu’il avait franchie quelques minutes plus tôt.

Une quinzaine d’hommes entraient. Soupal semblait sourire. Il se disait sauvé, tandis que les miliciens Brâkmariens baissaient leurs hallebardes.

« - Par Enutrof ! La garde ! La garde de Bonta ! Vous êtes là… Merci… Merci ! Vous ne pouvez pas imaginer à quel point je… » hatela-t-il, avant d’être interrompu.

Interrompu. Interrompu par le rire gras des Bontariens.

« - Mais… que …? »

Il ne finit pas non plus cette phrase-ci. Un des Blancs l’avait frappé au visage.

Soupal fit un pas en arrière. Il regarda celui qui l’avait frappé. Il comprit alors. Il comprit ce qui lui arrivait. Il comprit que tout était de sa faute.

Il se résigna alors à mourir. Il lâcha sa pelle. La garde fonça vers lui. Elle tombait. Lui aussi.

« Clang » fut le bruit de la pelle de Soupal lorsqu’elle toucha le sol.

Ce bruit, il résonnera à jamais dans sa tête. Oui. C’était aussi le bruit des coups qui brisaient ses os. Le bruit des coups qui brisaient sa dignité. Le bruit des coups qui avait tué ses amis, sa vie. Le bruit qui entraînerait sa mort.

Soupal pleurait. C’était la première fois. Il ne pleurait pas pour l’argent que Bonta et Brâkmar allaient lui voler, il s’en foutait. Il ne pleurait pas non plus à cause de la dureté des coups. Non. Rien de tout ça.

Il pleurait la mort de ses amis. Il les voyait, là, sans souffle de vie. Il avait tout perdu.

Il les avait tous perdus. Toutes les larmes de son corps. Tous les rires de ses amis. Tous les regards tournés vers lui. Tout ce qui remplissait son cœur. Tout. Rien n’était encore vivant dans Soupal, plus aucune flamme n’animait son cœur, ni son corps.

Le tabassage dura dix bonnes minutes. Dix longues minutes.

Le pensant mort, la milice Bontarienne avait jeté Soupal à un bon demi-kilomètre de Bonta, tandis que les Brâkmariens, rhabillés en civil, avaient quitté la Cité Blanche.

Soupal survécut. On ne tue pas les vieilles carnes de son espèce aussi facilement, il faut croire. Quant aux raisons de sa guérison… Personne ne les connaît. Sauf lui, mais il ne les dévoilera sûrement jamais, à part un jour, où il sait qu’il devra en parler. Il connaît ce jour, et il sait qui l’entendra.

Suite à ce tragique incident, en 607, Soupal vécut une vie d’ermite. Il resta trente-quatre ans à Cania, seul. Croisant çà et là quelques marchands, il réussit à survivre, et même à apprendre l’art de la médecine par les plantes. Cependant, tant d’années de « vide » lui a fait oublier l’art du combat, mais lui a forgé un moral incassable, et une connaissance ainsi qu’une vision du Monde que personne n’égalera.

Il n’oubliait néanmoins pas la mort de ses compagnons. Il s’était juré de ne jamais les oublier, et il était persuadé qu’au plus profond de lui-même se trouvait l’âme de ses défunts partenaires, et qu’il devait vivre, pour qu’eux survivent. Cette phrase n’a aucun sens pour la plupart des mortels, car il paraît impossible qu’un mort puisse survivre. Pour Soupal, si. De son aventure, de sa vie, il retint ceci :


« - Quand est-ce qu’un homme meurt ? Quand une balle lui transperce le cœur ? Non. Quand la maladie lui ôte la vie ? Non. Quand une épée lui perfore le corps ? Non ! Un homme meurt quand il est oublié ! »
Cette phrase était l’essence même de Soupal, celle qui le faisait avancer, qui le tenait en vie et qui l’empêchait de tomber dans la dépression.

Des années passèrent, jusqu’à l’an 641, où il arriva à Astrub.

Ses blessures étaient alors guéries, qu’elles soient extérieures, ou intérieures.

« - Putain, y’a bien longtemps que j’n’avais pas vu autant de monde. Ça me réchauffe le cœur, haha ! » riait l’ancien, peu après avoir franchi les portes de la « petite Cité », comme il l’appelait.

Il avait appris à aimer les gens, dans sa solitude. Il se rendit compte après la perte de ses compagnons que la solitude n’était pas acceptable si elle était destinée à perdurer. Pour lui, la chose la plus importante au monde était d’être entouré. C’était une de ses conclusions sur la vie.

À vrai dire, il a presque trouvé une conclusion à chaque problème, et possède un avis sur chaque thème. Il avait eu le temps d’y réfléchir. Oh oui.

Ce qu’il était venu chercher à Astrub, c’était justement cet entourage. Ces gens qui l’apprécieraient pour ce qu’il est. Et il le leur rendrait bien.

Était-ce tout ? Difficile de le croire, car Soupal était un incorrigible gamin. Il cherchait également de l’action, à nouveau, comme dans le temps, où il alliait aventures et rigolade.

« - Voyons-voir… c’est où la taverne ? J’espère qu’ils lésinent pas sur la mousse, ici ! Hahaha ! »

Tant bien que mal, interceptant çà et là quelques passants, il trouva la taverne.

« - Tavernier, tavernier !

- Tiens, qu’avons-nous là ? Encore un touriste ?

- Pas vraiment, patron. Mais oui, j’suis pas du pays.

- Ah ? Vous v’nez forcément d’la campagne alors pour v’nir ici fringué comme ça !

- Hahaha, non, pourtant ! Mais cela n’a que peu d’importance. Tu m’sers une bière ?

- Entendu.»

Une fois le dû et l’acquis échangés, Soupal remarqua un homme au fond de la taverne, avec qui il entama une discussion. Ils parlèrent d’Astrub, surtout. Soupal avait beaucoup entendu parler d’Astrub, mais il n’avait jamais eu confirmation de tout ce qu’il avait entendu dire. Parler avec un gars du coin était pour lui la meilleure façon de se faire une idée.

Soupal aimait bien cet homme. Un bon vivant, un peu comme lui. Si tous les Astrubéens étaient comme lui, alors il allait mener une belle vie, à Astrub.

Cependant, après une bonne heure de discussion, un sujet attira sa curiosité.

« - Les Anstis ?

- Ouaip. C’est un groupe d’mercenaires de la ville. ‘Sont pas très vieux, ça fait moins d’un an qu’ils sont là.

- Mercenaires… Tu sais pas où j’peux trouver leur toit ?

- Si, pardi. Tu vois l’zaap ? Tu continues tout droit en partant d’ici, et tu devrais trouver. Au pire, demande à des passants, ils devraient pouvoir te répondre.

- Ça me va. Merci l’ami !

- À la prochaine, l’ancien ! »

Anstis. Les Anstis. Des mercenaires ? Tiens donc. Soupal était intrigué. Il se demandait, entre autres, qui étaient ces « Anstis » et à quoi ressemblaient les mercenaires d’aujourd’hui.

Il passa quelques jours à la taverne, le temps de prendre ses repères dans la ville, jusqu’au jour où il se décida à aller rendre visite aux Anstis.

« Bon, tout droit, il m’avait dit. C’est l’heure de faire travailler ses rotules ! » pensa Soupal.

Après quelques petites minutes de marche, il arriva devant l’endroit en question. Sans aucune hésitation, il franchit la porte.

« - Y’a quelqu’un ?

- Oui, ça se voit pas ?


- Ah, pardon ! Ma vue commence à me faire défaut, on dirait, haha ! Mais pardonne-moi, je ne me suis pas présenté ! Je suis Soupal Haunion, et voici Dundee, mon Crocodaille nain.

- Aeternitis, Rever’Anstis. Besoin de quelque chose ?

- Pas vraiment… ou plutôt, si ! Tu es bien Anstis, n’est-ce pas ? Dis-moi tout sur ce clan ! Dis-moi tout sur son histoire, son fondateur, ses racines ! Je veux tout savoir pour mieux vous connaître, vous autres, Anstis.

- Vous avez du temps devant vous ?

- Autant qu’il en faudra.
»

Et ils discutèrent. Longtemps. Pendant des heures. La jeune blonde semblait passionnée par ce qu’elle racontait. Nul n’eût pu l’arrêter pendant son récit. Personne n’aurait voulu, d’ailleurs, et certainement pas Soupal, qui lui aussi, ne perdait pas une miette de ce qui était dit.

Une partie du discours de la jeune femme attira l’attention du vieil homme : la description –sous toutes ses formes- d’Anstis. Il ne pouvait s’empêcher de penser que cet Anstis ne lui était pas inconnu. Ou du moins, il a connu quelqu’un de semblable. Ou peut-être pas. Quoiqu’il en soit, le personnage qu’Aeternitis avait décrit à Soupal lui inspirait confiance. Au fond de lui-même, sa conscience, ou peut-être même son inconscient, lui indiquait que c’était une bonne personne. Peut-être.

Suite à cette conversation, qui se termina par un échange de salutations, Soupal était déterminé.

Il sortit de la bâtisse, empli de convictions nouvelles. Il venait de faire un choix, un choix qui déterminerait son avenir.

Anstis, mercenariat, jeunesse, clan, action, aventures, sympathie. Il ne pouvait en être autrement.

« C’est décidé ! Je rejoins les Anstis, peu importe le temps que ça prendra ! ! »


------------------------------------------------------------


Soupal s’arrêta alors de lire, visiblement épuisé. Il avait la gorge sèche. Heureusement pour lui, il avait lu toute son œuvre.

Avant de s’étouffer, il déposa son énorme biographie sur la cage à koinkoin, qui manqua de basculer sous le poids du livre.

Il partit en courant se jeter dans le lac d’Astrub, pour se réhydrater. Il avait laissé un dernier écrit dans la couverture de son bouquin. Sur ce dernier, on pouvait lire :

« Anstis, passons aux choses sérieuses.

Cet écrit est le point final de ma candidature, disons qu’il officialise la chose. Tout est dit dans mon livre, je vais donc me contenter de conclure.

Moi, Soupal Haunion, la cent-vingtaine d’années dépassée, je souhaite vous rejoindre. Je suis un homme que je pourrais définir comme altruiste, et aimant des jeunes. J’ai appris la médecine par les plantes, et certaines personnes me disent très psychologue. Disons que je sais être à l’écoute des gens.

J’ai pas mal vécu, et je pense surtout avoir vécu au niveau du mercenariat, même si par rapport à mon époque, certaines choses ont changé. Cependant, les bases restent les mêmes ! Quoiqu’il en soit, ma pelle sera vôtre, et elle vous sera bien utile !

Je suis prêt à passer vos épreuves, et à vous servir, tant que cela reste dans le cadre du raisonnable !

Que dire d’autres ?

À vous de me le dire, je suis prêt à répondre à vos questions.

Maintenant, mon sort se trouve dans l’encre de vos plumes, et j’accepterai son tracé.

J’espère que la lecture vous a plu et…

À bientôt, les jeunes.

Soupal Haunion.
»
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MessageSujet: Re: Candidature de Soupal Haunion, disciple d'Enutrof.   Jeu 12 Avr - 21:10

[Double post... Beurk.

Je tenais juste à m'excuser pour les apparentes erreurs de balise, les "[b]". Elle n'y étaient pourtant pas lors de la prévisualisation. j'espère qu'elles n'auront pas trop gênées votre lecture !

Encore désolé.

Soupal Haunion.]

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MessageSujet: Re: Candidature de Soupal Haunion, disciple d'Enutrof.   Ven 13 Avr - 1:29

Se retrouvant seule dans la permanence après le départ de Frambwase, Aeternitis en profita pour s'intéresser de près aux candidatures restantes. Elle se souvenait avoir aperçu un livre trainer dans la pile, placé là par... quelqu'un. Autant lui porter de l'intérêt. Surtout qu'entre insomnies et nuits sans lune, elle était prête à sauter sur la première occupation.
Le livre lui accorda une demi-heure de loisir, au bout duquel elle s'accorda à décréter qu'elle connaissait un peu mieux le vieux à la tenue étrange. Le fait qu'il se soit souvenu qu'elle l'avait renseigné quelques mois plus tôt lui arracha un rire. Habituellement, on oubliait de faire mention des informateurs, alors quand quelqu'un faisait l'effort de sa souvenir, on le remarquait.

Après cette lecture, Soupal l'intriguait encore plus. Quand on dit que les personnes âgées ont beaucoup à dire...
Satisfaite de ce qu'on lui avait donné, elle s'autorisa à tracer un tableau pour sa candidature. Si les autres avaient à redire, qu'ils se prononcent.


"Ha, Soupal. On te voit rarement en permanence, mais tu restes un cas. Ne restes donc pas muet quand tu passes nous voir, tu as l'air d'être une personne intéressante. J'ose m'avancer en disant que tu as de quoi t’illustrer dans notre clan, maintenant, donne-moi raison.
Bonne chance.

Aeternitis.
"

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à terminer sa maison au lieu de commencer la notre tout de suite."

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MessageSujet: Re: Candidature de Soupal Haunion, disciple d'Enutrof.   Ven 13 Avr - 13:14

Fraîchement réveillé après avoir passé une nuit des plus calmes, le vieux n'avait qu'une chose en tête : voir si on lui avait prêté quelconque intérêt pendant son sommeil.
Il se rendit donc, lentement mais sûrement, là où opéraient les Anstis.

"
Tiens, regarde Dundee, on m'a répondu. C'est Aeternitis, tu vois qui c'est, hein ? " dit-il, le regard tourné vers son Crocodaille.

Après avoir retrouvé sa plume dans tout son barda, il se mit à écrire :

"
Bonjour, Aeternitis.

Je suis ravi de voir que tu me trouves intéressant, et que je suis un cas. Je t'en remercie.

Quant à ma discrétion en permanence, on me l'a déjà signalée ! Discrétion que je justifie par l'habitude du boulot : j'ai toujours été habitué à être sur le qui-vive et à me planquer !

Je tâcherai de m'impliquer un peu plus dans les conversations, haha !

Je te remercie une fois de plus.

Soupal Haunion.
"
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MessageSujet: Re: Candidature de Soupal Haunion, disciple d'Enutrof.   Ven 13 Avr - 14:13

Après avoir répondu à la candidature de la demoiselle rosée, Groualf se pencha sur celle du vieillard à l'étrange tenue. A la fin de sa lecture, brillait au coin de son oeil une goutte de liquide lacrymal qu'il était trop fier pour la laisser couler.

Enfin, il se leva, et armé d'une craie, il lacéra la surface noire d'un trait d'un blanc immaculé, avant d’apposer sa signature au bas du parchemin:


"A voté. Groualf."


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MessageSujet: Re: Candidature de Soupal Haunion, disciple d'Enutrof.   Ven 13 Avr - 21:15

Flush, n'ayant rien de guerre intéressant à faire, dédaigna suivre le conseil d'Aeternitis et s'occuper des candidatures qu'il n'avait pas encore traitées. C'est à un parchemin qu'il s'attendait de la part du vieillard qu'il avait à plusieurs reprises croisé en permanence, mais non... c'est un livre qu'il trouva.
Embarrassé, il prit la chose au défi, même si l'humeur n'était pas vraiment là pour l'y conforter.
Sa lecture prit un certain temps - quelques heures, à vrai dire - de par ses petites difficultés pour les écrits classiques.

Son ressenti ? Pas grand chose, le parchemin ne l'émut pas vraiment. À certains endroit, il considéra même l'illustre personnage comme trop sentimental, et se demanda si ce tempérament à s'énerver pour n'importe quoi allait coïncider avec l'image du clan. Mais après tout, ce n'était pas pour juger ça qu'il avait lu ce roman, du moins pas pour le moment.

Sans un mot, le Réver'Anstis prit à son tour la craie, mais ne sachant lire les tableaux de craie, qui s'effaçaient à son toucher, il écrivit un "P" en plein milieu, comme "Pour", bien que peu convaincu de son choix. Il haussa enfin les épaules, et se remit au travail, il n'y avait pas que les vieillards qui lui donnaient du travail, et heureusement.

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MessageSujet: Re: Candidature de Soupal Haunion, disciple d'Enutrof.   Sam 14 Avr - 0:57

Frambwase venait "enfin" de finir la lecture de la candidature. Elle dut s'y reprendre à plusieurs fois, pas moins de trois, pour tenter de se forger une opignon sur le personnage.

Quelque chose la bloquait...

Elle était assez embarassée par cette situation inédite, beaucoup de choses lui tournaient dans la tête et son jugement ne venait toujours pas. Elle décida de suivre Flush au bureau pour parler un peu du candidat, et espéra trouver "le" truc qui clochait. Malheureusement pour elle, Flush n'était pas d'humeur maussade. Bien qu'anthipatique à son habitude, Frambwase voyait son moral atteint.

Fidèle à sa réputation, elle fit mine de rien, restant bavarde. Elle savait qu'elle n'embêtait pas son mentor, même si celui ci répondait par des "mh" ou de longs silences à chacune de ses phrases. la machine à bonne humeur, était en marche.

Après avoir longuement bavacé, elle se dit qu'elle devait lui accorder une chance. Se dirigeant vers le tableau, elle lut les remarques d'Ae.

Ce candidat semblait, à travers son histoire masquer une part d'ombre aux dimentions indéterminées. Sceptique, elle décida de lui accorder une chance.

En lisant le tableau, elle rit : Les légumes, elle détestait ça !

Elle mit donc sa croix dans la case appropriée à son goût et ajouta à la plume :

Donnons lui sa chance à l'entretien... Mais j'ai un précentiment, ce type, je le sens pas !
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Sebidoise
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MessageSujet: Re: Candidature de Soupal Haunion, disciple d'Enutrof.   Lun 16 Avr - 21:06

Sébidoise passait à la permanence, il voulait discuter, mais il n'y avait personne. Il vit alors qu'il avait du retard sur les candidatures. Ni d'une, ni deux, il ne voulait plus faire attendre les candidats. Il prit son encre, sa plume et se laissa un petit message accroché à la candidature.

"A voter.

Luffy Sébidoise Farron.
"

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MessageSujet: Re: Candidature de Soupal Haunion, disciple d'Enutrof.   Lun 16 Avr - 22:45

Le nombre de votes permettant d'accéder à l'entretien est atteint.
Nous procéderons à celui-ci dès que possible. Vous pouvez nous donner quelques horaires de disponibilité au besoin.
Aeternitis.

_________________


"Soyons un peu moins individualistes et songeons à aider notre voisin
à terminer sa maison au lieu de commencer la notre tout de suite."

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MessageSujet: Re: Candidature de Soupal Haunion, disciple d'Enutrof.   Mar 17 Avr - 18:47

Par Enutrof ! Ça me retournerait presque le cœur ! Merci à vous tous pour vos votes !

Pour mes disponibilités... Voyons... Je serai disponible demain à partir de 17h, et ce Vandanor à partir de 13h. Après, j'ai le temps tous les jours une bonne partie de l'après-midi, et de la nuit !

Bien à vous,

Soupal Haunion.
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MessageSujet: Re: Candidature de Soupal Haunion, disciple d'Enutrof.   Jeu 19 Avr - 1:14

Entretien passé avec succès le 19/04/642
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MessageSujet: Re: Candidature de Soupal Haunion, disciple d'Enutrof.   

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Candidature de Soupal Haunion, disciple d'Enutrof.
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